Au XV° siècle , la mort est omniprésente . Les guerres et les épidémies , dont la peste qui a été particulièrement dévastatrice au milieu du XIV° siècle , ont conduit la société médievale à se familiariser avec elle , sans toutefois la rendre plus acceptable ni plus supportable . Au contraire , les hommes y voient le mal par excellence , celui dont il faut d'abord se préserver .
Parallèlement , la mort s'individualise . Les défunts ne sont plus des anonymes mais accèdent à une autre existence dans leur mort , celle permise par la mémoire et la représentation ( avec les gisants ) qui invite chacun à prendre conscience de sa propre fin et à mieux l'accepter . "Apprivoiser la mort" selon les termes de Philippe Ariès , c'est atténuer l'angoisse qu'elle représente au quotidien . En ces temps où la vie disparaît , il est indispensable , de s'y préparer pour pouvoir continuer à vivre . La danse macabre apparaît alors comme une forme plus populaire de cet art du bien mourir véhiculé par les Artes Moriendi . C'est ce qui explique sans doute le succès de celle située au cimetière des innocents qui , bien que disparue avant 1633 , reste la référence sur le sujet .